Les séries sur la fin du monde et la tendance au «recentrage» de l’humanité

Les séries qui traitent de la fin du monde sont un peu partout sur nos écrans. Vous l’aurez sans doute remarqué, ces oeuvres ont souvent un message à nous transmettre. Décryptons ensemble les séries sur la fin du monde et la tendance au «recentrage» de l’humanité.

Ces dernières années, de plus en plus de séries prédisent la fin du monde et envisagent une invasion extraterrestre, un virus mortel ou une guerre atomique. Ces séries n’abordent pas forcément les mêmes thèmes et ne traitent pas le sujet de la même manière, cependant, une grande partie d’entre elles font passer un message. L’humanité est forte et peut tout surmonter, à condition de se recentrer sur les choses les plus importantes.

Les séries de fin du monde critiquent les excès de la technologie. 

La technologie est un bienfait, elle nous a permis de grandir et d’améliorer notre quotidien. Mais il y a des excès. Certaines séries nous montrent qu’il est parfaitement possible de se débrouiller sans smartphone, sans réseaux sociaux et sans internet. Les 29 épisodes de Jéricho sont de parfaits exemples. Dans cette série, le monde est touché par une catastrophe nucléaire, et les habitants de la bourgade sont privés de technologie, d’abord à cause de pannes de courant et ensuite d’une impulsion électromagnétique. Et pourtant ils s’en sortent bien. Les relations s’épanouissent, la communauté s’entraide, et si des tensions existent, elles sont rapidement calmées. 

Blacklist n’est pas une série sur la fin du monde, mais on s’y retrouve souvent confronté à des catastrophes. Les épisodes sont tous indépendants et traitent tous d’un sujet différent mais se rejoignent régulièrement sur le thème des abus de la technologie. Chaque nouvel épisode plante un nouveau décor et introduit de nouveaux personnages. On y aborde, toujours avec originalité, les conséquences potentiellement désastreuses et inattendues de la mise en place d’une nouvelle technologie dystopique

Dans Battlestar Galactica la fin du monde est même directement provoquée par les excès de la technologie, lorsque des robots et des intelligences artificielles conçus par l’humanité pour les aider se retournent contre eux.

Il ne faut pas se reposer entièrement sur la technologie, il ne faut pas en dépendre, tel est le message de beaucoup de séries télévisées qui nous montrent des « héros » d’abord perdus, privés de technologie, qui se reconstruisent peu à peu par leurs efforts et leur courage.

Les séries de fin du monde recentrent sur le strict nécessaire

La technologie, si elle n’a pas complètement disparue, est rarement très utile dans les séries sur la fin du monde, la tendance au «recentrage» de l’humanité sur des choses plus essentielles est alors évidente.  On doit affronter une menace, on doit se protéger, se reconstruire. Il est donc important de se concentrer sur ses besoins « primaires » : trouver un lieu sûr, trouver de l’eau, trouver à manger et prendre ses marques dans une nouvelle vie.

Dans Falling skies tout est rare, les vivres, l’eau, les armes et les êtres humains… La terre a été attaquée par des extraterrestres qui puisent les ressources de notre bonne vieille terre et en profitent pour chasser les humains. On se glisse donc aux côtés de Tom Mason, incarné par Noah Wyle, que vous avez peut-être déjà vu dans Urgences, à la tête d’un groupe de survivants. Au début de la série, la guerre est perdue, les humains sont en déroute, tout est détruit. Tom fait tout ce qu’il peut pour dénicher un endroit sûr, pour trouver à boire et à manger et faire abstraction de tout ce qui n’est pas utile ou nécessaire. Ce qui est intéressant dans cette série, c’est le côté « reconstruction ». Avec le temps et les épisodes, l’espoir renaît. Peu à peu, on trouve de quoi rebâtir sa vie, on continue à éduquer ses enfants, on continue à se battre. 

Defiance est une série un peu différente. Puisque l’apocalypse a déjà eu lieu et la reconstruction a déjà commencé. Après une guerre contre plusieurs races extraterrestres, une paix précaire s’est installée mais après que la terre n’ait subi une importante terraformation, modifiant toute la faune et la flore. L’histoire prend place dans un petit havre de paix : Défiance, une ville construite sur les ruines de Saint-Louis, aux USA. Là encore, on se concentre sur les besoins primaires, il faut fournir toute une ville en eau, en nourriture et en énergie. Tout ce qui est superficiel est oublié, si ce n’est une radio locale qui remonte le moral des habitants. Mais il y a aussi un autre enjeu majeur, il faut maintenir l’ordre et la paix entre les humains et les différentes races extraterrestres, ce n’est pas une mince affaire, car même après l’apocalypse, le racisme reste un problème.  

Si on retrouve dans les séries cette tendance à se recentrer sur l’utile, sur la survie, comme dans the 100, ou dans Zoo, on y retrouve aussi la tendance à se recentrer sur les relations humaines, comme dans Defiance.

Les séries de fin du monde qui critiquent l’humanité, et la tendance au «recentrage» de l’humanité

Les humains sont parfois plus dangereux que ce qui provoque la fin du monde. Dans certains cas ils la provoquent même. 

C’est la principale leçon de The Walking Dead, et de ses spin-offs Fear The Walking Dead et The Walking Dead: World Beyond. Dans cet univers qu’il est presque inutile de présenter, on a affaire à une épidémie qui transforme les humains en zombies amateurs de chair fraîche. Mais ce qui est intéressant c’est que plus les saisons passent et moins les « rôdeurs » apparaissent comme un danger pour Rick, Daryl et le reste de nos héros. Car c’est les autres groupes de survivants qui semblent être les véritables « méchants » de la série et de ses spin-offs, qui se concentrent de plus en plus sur les affrontements entre humains.

Parfois le message des séries sur la fin du monde est qu’on a besoin les uns des autres et qu’on ferait bien de s’en souvenir. Dans Last man on earth, le héros, un peu égoïste, se retrouve tout seul et désespère de trouver un autre survivant, se rendant compte de son besoin d’avoir de la compagnie. Dans Santa Clarita Diet, on évoque l’importance de protéger sa famille, de rester unis, même lorsqu’on devient un « monstre » et qu’on peut provoquer l’apocalypse. Colony évoque la même problématique autour de la famille, le côté zombie en moins.

En résumé, la tendance au «recentrage» de l’humanité se retrouve souvent dans les séries de fin du monde, que ce soit pour nous délivrer un message ou un outil artistique. Cette tendance est développée sous trois aspects différents mais souvent complémentaires : les abus de la technologie, le recentrage sur nos besoins primaires et la critique de la société. Mais la plupart de ces séries déroulent leurs histoires de manière originale, qu’elles nous montrent à travers un prisme unique. Que cela soit des séries d’horreur, fantastiques ou comiques, les séries sur la fin du monde ont un bel avenir et ce n’est pas nous qui nous en plaindrons. 

Si vous avez aimé cet article, parlez-en autour de vous, bon visionnage ! 

A voir également : Notre top des films dystopiques et notre top des livres dystopiques.

(Photo de Johan Van Den Berg sur FreeImages)

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