Interview Créatrice : Adeline Ziliox

Au coeur de la mode, voici notre interview de la créatrice Adeline Ziliox. Un moment de partage, d’échange sur sa passion qui la fait autant vivre que vibrer…

  • Depuis quand es-tu attirée par le milieu de la mode ? Quand t’es-tu lancée dans cette aventure ?

Je me suis lancée il y a 10 ans, lorsque j’ai créé la marque Adeline Ziliox. Mais je suis intéressée par la mode depuis toujours. Un peu comme toutes les petites filles, je pense. Je me souviens que je fouinais dans les affaires de maman, en essayant ses affaires, comme ses chaussures. A l’adolescence, cela s’est transformé en véritable passion. Ce que je voulais, c’est de ne pas être habillée comme tout le monde lorsque je sortais. Je recherchais toujours quelque chose d’unique. 

Je suis d’ailleurs restée dans cette philosophie de proposer des créations que l’on ne trouve pas ailleurs. Par exemple prendre des classiques et les revisiter au niveau des matières, ou bien le contraire, à savoir prendre des matières classiques mais travailler des coupes originales. A mon avis, la mode, c’est comme dans la cuisine, tout est une question d’équilibre sans oublier qu’il faut aussi de la générosité.

  • Explique-nous, en quoi consiste ton métier ?

Il n’y a pas vraiment de journée type. Il y a bien sûr des jours où l’on est plus en production ou en création, mais les journées ne se ressemblent pas. C’est ce qui est vraiment intéressant dans mon métier.

Ces derniers temps, je passe beaucoup de temps à mettre en avant ma marque. Je passe des journées entières sur l’ordinateur et c’est nécessaire pour se faire connaitre, pour se montrer. Je pense que celà ne sert à rien de créer des merveilles si c’est pour qu’elles restent à l’atelier, au placard. Je préfère la création, mais il faut bien se promouvoir, il faut sortir, notamment sur Paris, car c’est comme ça qu’on se développe et qu’on peut montrer ce que l’on fait. Un conseil pour les jeunes créateurs serait de passer 20 % du temps en création/production et 80 % du temps à se faire connaitre.

Dans tous les cas, on travaille sans compter !

  • Comment en es-tu arrivée à la réussite d’aujourd’hui ?

La vie est faite de rencontres et ce sont elles qui font les tremplins. En fait, ce sont mes premières clientes qui m’ont poussée à aller toujours plus loin et qui m’ont par exemple suggérée de faire telle ou telle expo. 

J’ai tout de suite voulu ma propre marque. J’ai été diplômée à 23 ans et 6 mois plus tard j’ouvrais ma boîte. J’ai toujours été une entrepreneuse. Au début, j’avais mon atelier et j’ai fait quelques expos. Ensuite j’ai eu un atelier-boutique à Tarbes où je suis restée quelques années. Puis je suis arrivée à Strasbourg, il y a 7 ans déjà et j’ai ouvert cette boutique au 44 rue du Jeu des Enfants. J’aime de temps en temps changer la déco de cette boutique, histoire qu’elle soit toujours le reflet de mes collections et de mes inspirations. 

  • En 2015, tu as participé à l’émission Projet Fashion sur D8, comment as-tu vécu cette expérience ?

C’était très enrichissant. C’est d’ailleurs arrivé à point nommé car j’avais tendance à cette époque à m’installer dans une routine de production et l’émission a un peu bousculé mon quotidien, cela m’a permis de me replonger dans la création. Cela a été vraiment une bonne expérience.

C’était assez dur, par contre. Un épisode c’était trois jours de tournage, on avait le thème lundi et le défilé était le mercredi. On commençait à 7h et on finissait vers 23h-minuit. Mais c’était super, car en plus du challenge créatif, on voyait l’envers du décor, on rencontrait d’autres personnes qui vivent la même passion et on se lie d’amitié avec eux.

  • Quel a été l’effet concret de l’émission pour la suite de ton développement ?

Après l’émission, avec cette motivation, cette effervescence autour de la création, j’ai décidé, il y a 2 ans, de mettre mes dernières économies dans une collection « couture ». J’ai un peu joué le tout pour le tout et cela a payé car la collection tourne toujours, j’ai notamment fait la fashion week à Paris et de belles expositions.

Et depuis le mois de mai, je suis dans un bureau de presse à Paris, à qui j’envoie mes collections et qui fait la relation entre les créateurs de mode et la presse. C’est par leur intermédiaire que les pièces passent dans des magazines ou partent sur le festival de Cannes.

  • Comment reconnait-on une pièce créée par Adeline Ziliox ?

Comme tout créateur j’ai une signature, sans doute le coté très graphique et ultra-féminin, la maille 3D, le néoprène, les matières techniques. J’habille des femmes de caractère, indépendantes et déterminées, parce que je pense que pour porter mes pièces il faut les assumer un peu. Je fais de la mode pour un public londonien, milanais, parisien, new yorkais et peut être même bientôt tokyoïte. Je pense que physiquement je vais rester à Strasbourg avec un avenir également à l’international. 

Toutes mes créations sont 100% made in France, tous les prototypes sont créés ici en boutique et le but est de créer une série limitée, quelque chose d’original et d’entièrement français. Tous nos matériaux proviennent de l’Union Européenne ; la production est française, une partie de la production est faite dans cette boutique et le reste dans des ateliers français ; en plus on a très peu de déchets, l’écologie est aussi une de mes priorités. Un produit en série très limitée donc, pour que tout le monde ne porte pas et que chacune conserve une certaine singularité.

Ma priorité c’est les collections mais je propose toujours des réalisations personnalisées, sur mesure, même si c’est parfois compliqué car je cours après le temps. 

  • D’où vient ton inspiration pour créer ? 

Il y a des fois où j’ai comme des visions, une silhouette qui passe dans la rue et je vois un vêtement… Parfois même dans un rêve. Et parfois, au contraire, c’est plus une démarche intellectuelle, de recherche. 

Au niveau des tissus, c’est un peu pareil, il y a des pièces qui ne sont pas créées parce que je n’ai pas encore pu trouver la bonne matière, et inversement il y a des pièces que je crée autour d’une matière qui m’inspire. 

  • As tu des créateurs connus ou des muses qui t’inspirent ?

Je travaille tellement que je n’ai pas trop le temps de suivre la tendance, il n’empêche que Thierry Mugler et Alexander McQueen sont des sources d’inspiration. 

Par ailleurs, j’adore le monde du spectacle et je créais beaucoup de pièces théâtrales et monumentales lors de mes études. Je pense que si on crée un vêtement, c’est pour le montrer, pour en faire quelque chose de spectaculaire.

Je citerais aussi Hiatus Kayoite, une chanteuse un peu underground, j’aime son univers et cela ne me déplairait pas de l’habiller. 

  • Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Dans un futur très proche, je participe à la fashion week de Paris. Ce n’était pas prévu d’ailleurs, mais je vais faire un mini show. A partir de cela, il y a peut-être une chance de faire ensuite quelque chose au Japon, à Tokyo.

Puis en janvier, c’est la première présentation de la collection pendant la semaine de la haute couture. Le rythme s’intensifie en tout cas et c’est parfois tant mieux, c’est aussi pour le rush qu’on fait ce métier. 

  • Quel est l’inspiration pour ta dernière collection ?

Pour automne hiver 2018, qui est actuellement disponible, il y a beaucoup de graphiscape, de floral et de maille 3D. Il y a du contraste entre cet univers floral et le graphisme du noir et blanc, en même temps assez complémentaire finalement. 

J’ai mis beaucoup de coupes classiques réinventées par leurs matières avec des détails ou avec des lignes ultra graphiques. Comme le bomber (photo en tête d’article) qui est une coupe sportive mais avec ces détails et les finitions couture il y a aussi un côté très élégant. 

  • Disponible en boutique, mais aussi en ligne ?

Exactement, depuis très peu de temps, j’ai également une boutique de vente en ligne. Je propose l’envoi partout dans le monde. J’avais énormément de clients qui venaient de l’étranger et qui regrettaient de ne pas pouvoir faire leur shopping depuis chez eux, c’est pour cela que j’ai décidé de créer ce site de vente en ligne, pour qu’on puisse s’offrir une pièce de mes collections à partir de n’importe où !

 

Adeline Ziliox
Atelier-Showroom
44, rue du jeu des enfants 67000 Strasbourg

Crédit photo : Ben Hincker – 2Grump

Mannequin brune sourcils arqués avec une jupe noire en mousseline imprimée de fleurs

Voir aussi : L’Interview du Designer UX UI

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s