Interview de Chloé Lebesne, naturopathe

La naturopathie intéresse de plus en plus de personnes en France. Cette pratique médicale, qui se veut avant tout préventive, connaît un succès grandissant. Pour en savoir davantage sur le métier de naturopathe, rien de mieux que de poser concrètement des questions à une personne qui exerce la profession. Fuzzunivers a interviewé rien que pour vous Chloé Lebesne, naturopathe à Strasbourg. Découvrons ensemble tout ce qu’elle a à nous apprendre !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Chloé et j’ai toujours eu à cœur d’accompagner les personnes dans leur santé. J’ai d’abord été secouriste, puis infirmière et enfin naturopathe. Je suis toujours infirmière à l’heure actuelle, mais uniquement en prévention chez les adolescents.

L’objectif principal tout au long de mon parcours a été la prévention.

naturopathe interview

Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir naturopathe ?

Depuis le départ, je suis une écolo adepte du bio. J’avais en moi cette volonté de prévenir les gens et de les avertir sur leur santé. C’est très important, car la médecine moderne au mieux s’occupe de soigner des lésions, au pire de dépister. Mais il faut agir avant sur les déséquilibres, en accompagnant le patient et en travaillant en parallèle avec le médecin. Mon but en tant que naturopathe c’est de compléter la médecine moderne, sans pour autant la remplacer. Aussi, je réduis les effets des traitements qui peuvent parfois être lourds.

Quelles études avez-vous suivies pour devenir naturopathe ?

J’ai fait ma formation à l’institut supérieur de naturopathie à Paris, qui est agréé par la FENA (Fédération Française des Ecoles en Naturopathie). Cela permet d’être membre de l’OMNES, l’association professionnelle des naturopathes en France, qui fait référence et permet d’avoir un cadre juridique et déontologique en naturopathie.

Il y a plusieurs écoles membres de la Féna, j’ai choisi l’ ISUPNAT à Paris mais il y aussi bien l’Académie de Vitalopathie en Alsace, à Colmar. De plus, il faut savoir qu’en France, aucune formation en naturopathie n’est reconnue par l”Etat. C’est l’agrégation par la FENA et le fait d’être membre de l’OMNES qui permettent d’offrir un gage de qualité dans la formation. Etre membre de l’OMNES, ça signifie avoir fait des stages, réalisé un mémoire… il y a un vrai travail derrière ! Au final, on peut tous être naturopathes, mais il y a certaines conditions qui feront la différence entre un réel naturopathe certifié et un indépendant auto-proclamé.

Depuis combien de temps exercez-vous le métier de naturopathe ? Avez-vous remarqué des évolution dans le milieu ? Des spécialisations ?

Cela fait plus de 3 ans que j’exerce ce métier. Au niveau du public, je remarque que les gens ont de plus en plus de connaissances sur ce qu’est la naturopathie, je ne suis plus obligée d’expliquer à chaque fois en quoi cela consiste. Alors certes le métier n’est plus à définir au public, mais je remarque une constante évolution dans la profession avec les découvertes scientifiques réalisées, la médecine s’actualise en permanence. On voit une véritable reconnaissance scientifique qui se met en marche pour la naturopathie.

Pour les spécialisations, nous sommes tous généralistes à la fin de notre formation en naturopathie. Personnellement, même si j’accepte tout public, je me suis spécialisée dans tout ce qui touche au féminin, comme le cycle menstruel ou la fertilité. Je suis aussi spécialiste de la prostate. Pour certains déséquilibres bien précis, je n’hésite pas à envoyer le patient vers un autre partenaire qui est spécialisé dans le domaine, comme par exemple un sophrologue pour la gestion de la respiration. Le naturopathe a une palette de techniques et de thématiques extrêmement vaste et chacun peut choisir de se spécialiser en fonction de celles-ci.

Est-ce que vous ressentez un certain enthousiasme grandissant concernant la naturopathie ?

Je viens de Normandie, là-bas les consciences s’éveillent doucement par rapport à la naturopathie. En Alsace, le public est déjà beaucoup plus averti et se renouvelle. C’est sûrement grâce à la proximité avec l’Allemagne, où la naturopathie est complètement démocratisée. On y consulte d’abord un médecin naturopathe quand il y a un déséquilibre, qui peut même prescrire, puis il renvoie vers un médecin classique. L’acheminement du patient a cette logique intelligente : en amont l’examen du naturopathe qui cherche les causes et en aval le médecin qui soigne la pathologie. Les allemands ont vraiment une avancée folle dans ce domaine !

En France, je constate un éveil global mais qui commence à peine, à causes de manques dans la formation classique des médecins qui ne sont formés que pour atténuer des symptômes, sans forcément chercher la cause. Aussi, les naturo n’ont pas les outils nécessaires car leur pratiques sont limités par l’Etat. L’OMNES travaille beaucoup pour accorder plus d’importance à la naturopathie en France. Elle a déjà réussi avec ostéopathie en 2014. C’est un processus long et la naturopathie et le prochain dossier qu’ils vont traiter avec les instances gouvernementales.

Donc finalement, oui , avec la conscience écologique qui se développe, on assiste à une pensée globale où les gens réfléchissent à l’écologie pour eux et pour la planète, les deux étant en relation. Par ailleurs, le milieu hospitalier se dégrade et les procédures médicales sont très longues… C’est dommage car je suis entièrement pour la médecine moderne, il y a des progrès impressionnants ! Mais cela reste difficile, en tout cas en France, de pratiquer la médecine complémentaire, avec les naturopathes en amont qui pratiquent la prévention médicale. Alors que c’est ce que les gens recherchent : de la prévention, pour mieux comprendre leurs corps !

Le sans gluten, une mode ?

Il existe des modes, des tendances liées à la santé en générale. Nous travaillons beaucoup sur la nutrition des patients, et je dois vous dire, le sans gluten, oui c’est une mode ! Il y a des coeliaques qui ont en effet une vraie pathologie. Consommer sans gluten de temps en temps ne fait pas de mal, mais quotidiennement, cela devient un problème. Mais en soi, les personnes qui se pensent intolérantes au gluten souffrent en réalité d’autres déséquilibres, le gluten ne fait que les exacerber. Je cherche toujours à remonter à la cause du problème, c’est le nerf de la guerre en naturopathie !

Qu’est-ce que la naturopathie ? Ces concepts de base ?

“En naturopathie, il n’existe pas une solution pour tout le monde, mais plusieurs pour chacun” 

Nous sommes tous différents, avec nos forces et faiblesses. Je cherche l’origine des déséquilibres. Mon but, en tant que naturopathe, ce n’est pas de soigner les symptômes, c’est le rôle des médecins qui sont formés uniquement à cela. Moi, je vais remonter à la source des symptômes, la cause de la pathologie, pour l’identifier et rééquilibrer la personne.

Ensuite, j’évalue trois facteurs de vie de la personne en apportant des solutions :

  • L’alimentation (adaptée, saine, variée, équilibrée…)
  • La sérénité (gestion des émotions, relaxation, respiration…)
  • Le mouvement (exercices physiques, massages, hydrologie…)

Alors, je propose 2 techniques naturelles et différentes, qui peuvent se compléter : 

  • La cure rigide, stricte, où l’on a des process avec un temps court et défini.
  • L’hygiène de vie avec une réforme du quotidien qui bien sûr reste en accord avec les fonctionnements de chacun.

Comment se passe une consultation classique chez vous ?

Je demande au minimum 2 consultations par patient, avec un bilan de 1h45. J’ai besoin de consacrer du temps aux personnes, pour connaître leurs forces, leurs faiblesses, pour ensuite mettre en place une cure de réharmonisation. Cette cure est un peu stricte, mais nécessaire pour rétablir un certain équilibre chez la personne. Ensuite, j’établis un suivi de 6 semaines avec des consultations de 1h15 environ. En suivant la personne, je met en place, d’un commun accord, des changements au niveau de l’hygiène de vie. Contrairement à la cure, ce sont des rééquilibrages sur le long terme. On estime à 186 jours le temps nécessaire pour ancrer une habitude chez une personne. 

C’est au bout de 6 semaines que l’on passe le cap du difficile, et que l’on peut voir ce qui se passe, comment le corps réagit, comment la personne se sent émotionnellement… Si tout va bien, on continue sur l’hygiène de vie prévue, sinon on ajuste. L’harmonie nécessaire à la bonne santé du patient ne peut pas être imposée par moi-même, les changements viennent de la personne, c’est elle qui est responsable de sa santé ! Je ne suis qu’un auxiliaire dans sa vie, je l’accompagne, je la conseille, je l’informe. Ensuite, libre à chacun de poursuivre le suivi avec des séances d’1h.

“On peut venir chez moi sans forcément se sentir malade, mais juste pour mieux se connaître” 

En parallèle, j’organise des “Ateliers pop-corn”. Ce sont des ateliers collectifs pour les personnes qui se posent des questions sur leur santé, leur vie, leurs pratiques ou sur la naturopathie. Le principe est simple : chacun écrit sa question sur un papier et le dépose dans une boîte, comme une graine. Puis, je fais éclater les graines en lisant à haute voix les questions anonymes. Les personnes peuvent intervenir ou non. Elles ne sont pas obligées de se manifester. Il y a des questions comme “En été, comment lutte-t-on contre les moustiques ? Comment appliquer l’après-solaire et lequel ?… » C’est très vaste et en même temps les questions sont souvent pointues. N’hésitez pas à venir si vous avez des interrogations sur vos pratiques de santé au quotidien. Mes ateliers pop-corn sont à la fois personnel et anonyme.

Quels serait votre top 3 de conseils pour améliorer la santé des personnes en général ?

  • Pour l’alimentation : la mastication. Même si votre assiette est bonne, avec des produits sains, si vous ne mastiquez pas, ne prenez pas le temps de manger, cela ne sert à rien !
  • Pour la sérénité : la respiration. C’est l’outil le plus efficace et pratique pour gagner en énergie, diminuer les toxines et régler le système nerveux. Il existe des applications sur téléphone avec des exercices de respiration pour vous entraîner.
  • Pour le mouvement : Prendre le temps de s’étirer le soir, sans technique particulière.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Ce que j’aime dans mon métier, c’est la petite lueur dans les yeux des gens lorsqu’ils comprennent comment fonctionnent leur corps. Qu’ils réalisent qu’ils sont responsables de leur santé et qu’ils en prennent conscience lors de mes consultations. Leur faire comprendre leurs mécanismes, prendre en compte leur environnement, voilà ce qui me plaît dans mon métier.

Où peut-on vous retrouver s’il on veut consulter ?

Contactez-moi sur :

-Facebook : @dryadine

-Téléphone 0668836761

-Mail : contact.dryadine@gmail.com

Voilà les Fuzzy ! Un grand merci à Chloé Lebesne pour son intervention très enrichissante sur le métier de naturopathe, en espérant que vous en avez beaucoup appris ! N’hésitez pas à la contacter si vous êtes à Strasbourg ou dans la région, elle vous apportera ses conseils toujours bénéfiques !

 

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