Un salarié pose un vendredi en mai 2026 et découvre que son employeur lui décompte un jour de congé sur un férié qu’il pensait chômé. La confusion revient chaque année parce que la règle est plus restrictive qu’on ne le croit : seul le 1er mai est obligatoirement chômé pour tous les salariés du secteur privé en France. Les dix autres jours fériés dépendent de la convention collective, de l’accord d’entreprise ou, à défaut, de la décision de l’employeur.
Volontariat écrit pour travailler le 1er mai 2026 : ce qui change concrètement
Le 1er mai reste le seul jour férié dont le chômage est garanti par le Code du travail (article L3133-4). En 2026, la pratique se durcit : l’inspection du travail contrôle désormais que le travail ce jour-là repose sur un volontariat écrit du salarié, par courrier ou par mail. Un accord verbal ne suffit plus.
Refuser de travailler le 1er mai ne peut entraîner ni sanction disciplinaire, ni retenue de salaire. Pour les entreprises qui ne peuvent pas fermer (hôpitaux, hôtellerie, transports), la rémunération du 1er mai travaillé est doublée : le salarié perçoit son salaire habituel plus une indemnité égale à ce salaire.
Les autres jours fériés ne bénéficient pas de cette protection automatique. On peut donc être amené à travailler un 14 juillet ou un 25 décembre si rien dans la convention collective ou l’accord d’entreprise ne l’interdit.
Calendrier des jours fériés France 2026 : dates et jours de la semaine
Avant de vérifier ce que prévoit votre convention, il faut connaître le calendrier précis. En 2026, plusieurs fériés tombent un vendredi, ce qui crée des week-ends prolongés sans avoir besoin de poser un jour de congé.

| Jour férié | Date | Jour de la semaine |
|---|---|---|
| Jour de l’An | 1er janvier | Jeudi |
| Lundi de Pâques | 6 avril | Lundi |
| Fête du Travail | 1er mai | Vendredi |
| Victoire 1945 | 8 mai | Vendredi |
| Ascension | 14 mai | Jeudi |
| Lundi de Pentecôte | 25 mai | Lundi |
| Fête nationale | 14 juillet | Mardi |
| Assomption | 15 août | Samedi |
| Toussaint | 1er novembre | Dimanche |
| Armistice 1918 | 11 novembre | Mercredi |
| Noël | 25 décembre | Vendredi |
L’Assomption tombe un samedi et la Toussaint un dimanche. Pour les salariés en horaires classiques du lundi au vendredi, ces deux fériés n’offrent aucun jour de repos supplémentaire. En revanche, le 1er mai, le 8 mai et le 25 décembre tombent un vendredi, ce qui génère trois week-ends de trois jours sans poser de congé.
Jour férié chômé ou travaillé : ce que dit le Code du travail et ce que dit votre convention
Le Code du travail distingue deux régimes. Le 1er mai relève des articles L3133-4 à L3133-6 : chômage obligatoire, doublement de la rémunération en cas de travail. Les dix autres fériés relèvent de l’article L3133-3-1 : c’est la convention collective ou l’accord d’entreprise qui décide s’ils sont chômés.
En l’absence de texte collectif, l’employeur tranche seul. Il peut imposer le travail un jour férié dit « ordinaire » sans majoration de salaire, sauf si la convention prévoit le contraire. On constate que la majorité des conventions collectives rendent les fériés chômés, mais ce n’est pas systématique.
Le point à vérifier en priorité :
- Consulter la convention collective applicable (identifiable sur le bulletin de paie, code IDCC) pour savoir si les jours fériés ordinaires sont chômés ou non
- Vérifier si un accord d’entreprise prévoit des dispositions plus favorables, comme une majoration de salaire pour le travail un jour férié
- Distinguer le régime du 1er mai (chômage obligatoire, doublement garanti) de celui des dix autres fériés (régime conventionnel)
Alsace-Moselle : deux jours fériés supplémentaires en 2026
Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient d’un droit local qui ajoute deux fêtes légales au calendrier national :
- Le Vendredi Saint, qui tombe le 3 avril 2026, la veille du week-end de Pâques
- Le deuxième jour de Noël (Saint-Étienne), le 26 décembre 2026, un samedi
Pour les salariés d’Alsace-Moselle, le total passe à treize fêtes légales. Le Vendredi Saint 2026 tombe un vendredi, ce qui donne un week-end de quatre jours combiné avec le lundi de Pâques. Le 26 décembre tombe un samedi, donc sans jour de repos supplémentaire pour les horaires classiques.
Ces deux fériés locaux suivent le même régime que les jours fériés ordinaires : leur chômage dépend de la convention collective applicable, sauf le 1er mai qui reste le seul à s’imposer partout.

Ponts et jours de congés stratégiques en mai 2026
Le mois de mai 2026 concentre trois fériés : le 1er mai (vendredi), le 8 mai (vendredi) et l’Ascension le 14 mai (jeudi). Avec un seul jour de congé posé le vendredi 15 mai, on obtient un pont de quatre jours consécutifs.
L’employeur peut accorder un pont, mais il n’y est pas obligé. Le Code du travail ne prévoit aucun droit automatique au pont. En pratique, beaucoup d’entreprises ferment le vendredi suivant l’Ascension, mais cette décision relève soit d’un accord collectif, soit d’une note de service. Le salarié qui s’absente sans autorisation un jour de pont risque une sanction, même si « tout le monde pensait que c’était fermé ».
La journée de solidarité complique parfois le calcul. Elle correspond à une journée de travail supplémentaire non rémunérée, souvent fixée le lundi de Pentecôte (25 mai 2026). L’accord d’entreprise peut toutefois la placer un autre jour ou la fractionner en heures réparties sur l’année.
Rémunération des jours fériés chômés : la règle qui piège les bulletins de paie
Quand un jour férié est chômé, le salarié ayant au moins trois mois d’ancienneté ne subit aucune perte de salaire. Le jour est payé comme un jour de travail normal. Pour les salariés de moins de trois mois d’ancienneté, les retours varient selon les conventions : certaines suppriment la condition d’ancienneté, d’autres s’en tiennent au minimum légal.
En cas de jour férié travaillé (hors 1er mai), aucune majoration de salaire n’est prévue par le Code du travail. Toute majoration provient exclusivement de la convention collective ou de l’accord d’entreprise. Vérifier son bulletin de paie après un jour férié travaillé reste le réflexe le plus fiable pour détecter une erreur.
Le 1er mai travaillé, en revanche, ouvre droit au doublement sans condition de convention. C’est la seule garantie légale universelle parmi les onze fériés du calendrier français.

